Un biopic animé dramatique

In / cine by XM studio host

 »Le vent se lève, il faut tenter de vivre… »

Le dernier Miyazaki a été à coup sûr très attendu puisqu’il s’agit du … dernier. Et finalement moi aussi, premier de ses films que j’ai pu voir au cinéma, j’en attendais beaucoup. Et c’est donc comme un chocolat noir intense, une pointe d’amertume que me laisse ce film en bouche. Et pour cause, au-revoir les belles histoires innocentes, les univers oniriques et les créatures fantasques. Le vent se lève est en effet plus de l’ordre du biopic en version animé avec une trame dramatique où arrive dans une progression quasi linéaire l’inéluctable à la fin.

Alors amer c’est vrai, parce que son dernier film se fini quasi parfaitement, sur une construction maitrisée, avec poésie et douceur. Et couleurs ! C’est comme si tout se figeait dans le temps et peu importe ce qu’il y avait avant, c’est fini. Un peu comme après Star Wars III et avant le rachat par Walt Disney. J’en entends déjà hurler au scandale en comparant      Hayao Miyazaki et Georges Lucas ! Sauf que ma comparaison s’arrête là où avec Georges Lucas le plus était le mieux et son univers nous explosait à la figure dans son dernier film, comme un bouquet final, là où Miyazaki est resté très sage finalement.
Et pour autant comment se montrer critique envers ce génie. Certes c’est le dernier, et certes j’ai mes regrets, mais le film en soit est une beauté. Dès les premières images on se régale d’un style très doux, où la qualité graphique ne se comptes pas en coeurs de calculs CUDA. Le scénario est à la fois spontanée et dynamique : spontané dans le sens où les détails anodins ont leur place sans pour autant affecter le rythme de la narration. Et si le style onirique disparait, c’est pour  faire place à une poésie et un romantisme qui dépasse tout ce qu’il aura déjà pu faire.

Finalement pour son final, Miyazaki aura choisi quelques accords délicats et précis au grand tutti. C’est dans la finesse qu’on saura apprécier son art.