Youth

In / cine by XM studio host

Recommandé par un ami, et pas n’importe lequel, celui qui m’a fait découvrir La Grande Bellezza, du même réalisateur, il fallait que je vois Youth.
La Grande Bellezza est un moment de poésie pure, visuelle, mais aussi racontée, et a marqué chez moi une prise de distance avec les films à gros budgets.
C’est donc avec peut-être un peu trop d’attentes que je suis allé voir Youth. Et si critiquer ce genre de film n’était pas déjà assez difficile la thématique n’aide pas d’avantage.

Alors soyons méthodique et démarrons avec le plus simple : l’image. Là à l’évidence le travail de photographie est excellent. Certes Rome était un cadre magnifique, et certes je suis moins fan du Yodel et des vaches de pâtures, mais la photographie de l’hôtel est splendide. Dans une certaine continuité, le montage est lui aussi intéressant, prenant le spectateur à contrepied à plusieurs reprises pour réussir à créer une sorte de ballet à partir de ses plans plus ou moins statiques de résidents.
Les musiques aussi sont à la hauteur, et à ce sujet je trouve que Paolo Sorrentino pourrait être qualifié de Quentin Tarantino italien, tant les musiques sont présentes et fortes – même si les genres sont quelque peu différents.

Donc vous l’aurez compris, techniquement, ce film est bien au-dessus de la moyenne, et pourtant il n’est pas facile d’abord. La raison première est sans doute la thématique, qui ferait passer ce film pour une vanité s’il s’agissait d’une peinture. Et il parait dès lors évident qu’en comparaison, La Grande Bellezza qui, malgré ces constats amers sur l’âge avançant de Jeppe, s’intéresse à la beauté et constitue ainsi une fresque impressionniste de Rome, soit plus facile à apprécier. A cela s’ajoute une sorte de faiblesse dans la narration vers le milieu du film où les personnages paraissent tourner un peu en rond. Et pourtant, même si ce film est un peu dérangeant à plusieurs regards, il a cette même beauté et douceur poétique. Voici pour ce qu’il est de mes ressentis au sortir de la salle, et je m’arrêterai ici pour cette critique, car je pense que plusieurs visionnages s’imposent pour donner un avis pertinent. Amis de la poésie, bonsoir !