Star Wars VII

In / cine by XM studio host

Grand fan devant l’éternel, je n’étais pourtant pas le premier à voir le dernier Star Wars… mais c’est que j’ai pu le voir en IMAX ! Et comme dirait le cousin, ça casse des dents !

Alors à l’évidence critiquer un film comme The force awaken est très délicat et dépendra des attentes de chacun, mais je vais prendre le temps de tout vous détailler à propos de ce pari audacieux et à mon sens réussit.

J’ai été d’abord sceptique après le rachat par Disney, puis curieux et enfin enthousiaste à l’idée de le voir; et je dois même avoué avoir été excité à l’apparition du logo Lucasfilm. Dès le plan d’ouverture, J.J. Abraams (JJ pour les intimes) marque la rupture et les premiers plans m’ont fait peur : un cadrage et un éclairage à la blockbuster, certes très visuel, mais dénotant trop à mon gout. Les premières lignes de dialogue sont clichées et il m’a fallu un peu de temps pour rentrer dans cet univers qui repart presque de zéro. Mais au bout d’une vingtaine de minutes on se laisse happer par les images époustouflante et c’est avec un sourire satisfait que j’en suis ressorti.

Alors globalement l’écriture est bonne, et l’histoire est bien menée – ni trop cliché dans le parcours du héro comme l’épisode 4, ni trop originale et si bien entendu, quelques grossièretés scientifiques se sont glissées, on les excusera bien volontiers. Il faut dans tous les cas aller voir ce film de façon lucide : jamais on ne retrouvera un film à l’identique de la première trilogie, et ce film se distingue tout comme le faisait la menace fantôme de son temps. Les personnages fonctionnent plutôt bien dans l’ensemble, surtout Rey, même si l’apprenti sith peut laisser dubitatif. Il faudra pour mieux le juger voir les épisodes suivants, car il manque d’être véritablement l’incarnation du mal, mais peut-être à dessein (il ne s’agit que d’un apprenti d’une part, et les musiques qui l’accompagnent ne sont pas non plus des plus maléfiques). La narration tend à être un poil cliché sur les bords, un peu plus typé sci-fi, mais là encore, il sera bon d’être patient et de juger la trilogie complète. Sur le film seul, j’ai eu le sentiment d’être coincé sur Jakku un peu longtemps – comme si on ne parvenait pas à décoller – mais tout vient à point à qui sait attendre et le décollage est au final assez jouissif. Par ailleurs, pour un fan convaincu, qui connait bien l’univers étendu, même si ce film respecte bien l’univers – notamment au niveau de la mythologie qui entoure la force -, on aurait pu espérer plus de références. Mais là encore, patience (ils n’avaient que 2h15 après tout).

Enfin pour ce qui est de la technique, faisons simple : le jeu d’acteur est plutôt bon, mais on pouvait s’y attendre sur une production aussi conséquente. Et les quelques passages où la crédibilité baisse tient pour moi d’avantage à l’écriture qu’aux acteurs eux-mêmes – mais l’épisode 2 et 3 nous y avaient déjà habitué. Les musiques sont signées John Williams – et ça c’est chouette, surtout vu son grand âge : 83 ans – et à l’instar du film, on retrouve de nombreuses références musicales. Si c’est par certains aspects appréciable et donne des repères au spectateur, on regrette tout de même de ne pas avoir un thème fort qui s’en dégage comme pour les précédents opus. À ce sujet, il s’est justifié en disant ne pas chercher une identité musicale au film, considérant que l’on est dans une suite théorique de la première trilogie. Tandis que j’écris ceci, je ré-écoute ces musiques pour un avis plus pertinent (même si on ne devrait que considérer le ressenti pendant le film) et pour le coup je me fais la même remarque qu’en salle : il y a des inspirations de l’épisode 1 – l’invasion -, les cuivre en sforzando rappelle beaucoup l’épisode 3 – et par extension de nombreux autres passages, mais les références aux musiques de la première trilogie sont à mon goût trop peu nombreuses. Enfin, plusieurs passages sont plus minimalistes en terme d’instrumentation – comme pour le début du thème de Rey – et sans être désagréable, cela surprend beaucoup pour une saga qui a toujours été très symphonique. Pour dire, ces passages me ferait presque penser à du Alexandre Desplat plus que John Williams !

Mais tout ce que je viens de dire ici s’oublie vite quand on le compare à la claque visuel que l’on prend. Peut-être l’effet est-il amplifié en IMAX, mais à l’évidence c’est grandiose. Star Wars a toujours été à avant-garde d’un point de vue visuel, et il est vrai qu’en 2015, il devient difficile d’innover car tout a déjà été fait ou vu. JJ compense en nous offrant des plans grandioses, dans la neige ou – comme on aura pu le voir dans la bande annonce – avec Rey devant un réacteur de croiseur impérial échoué. Juste Grandiose. Alors certaines créatures aliens respirent un peu la 3D, et en cela la magie retombe un peu, mais on l’aura vite oublié face à des mouvements de caméra et des cadrages audacieux, face aux décors très bien trouvés et face aux références visuelles. Alors bien sûre des fois on va un peu trop loin, comme à l’ouverture avec un plan « caméra à l’épaule » qui est très loin du style d’origine, ou le plan hélicoptère à la fin qui n’a pas vraiment sa place, mais j’ai tout de même eu l’impression de passer à la HD une fois de plus avec cet opus Star Wars.

Il y a quelques mois encore, je défendais mordicus que Star Wars était une oeuvre achevée et qu’il n’était pas bon d’y toucher. Pourtant ce soir, je me dis que, malgré l’opération commerciale gigantesque que c’est, et le bon pigeon que je suis, j’ai passé un très bon moment et j’ai hâte de voir la suite. Peut-être même que je reviendrai au Pays-Bas payer 15 euros pour le voir en IMAX. Parce que, en dépit des dilemmes que pose ces films, à mi-chemin entre tradition et innovation, la production a réussi à trouver un équilibre tout à fait correcte. Certes de temps en temps on pousse un peu mémé, mais c’est le prix à payer pour une expérience visuel qui vaut le détour. Ou pour spoiler, il y a bien des passages qui font un peu trop blockbuster de sci-fi, mais on pardonne bien volontiers pour voir Rey et Finn voler le Millenium Falcon !