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Les innocentes

In / cine by XM studio host

Vous connaissez l’habitude : dès que je vois un film dans une salle de ciné, je fais une critique. Et ce n’est pas parce que la raison pour laquelle j’ai vu ce film au Colcoa était pour aider à filmer un Q&A, que je dérogerai à la règle.

Le film à l’honneur hier soir était Les innocentes, de Anne Fontaine qui retrace l’histoire de Madeleine Pauliac, médecin Française à l’Hôpital de Varsovie peu après la seconde guerre mondiale. Et c’est donc dans un contexte généralement peu joyeux que s’ouvre un film plutôt sombre. Disons le clairement, ce n’est pas du tout le genre de film que je choisirais de voir, ni au cinéma, ni à la télévision. Mais essayons alors d’être objectif.

La structure narrative, fidèle aux films du genre, à savoir du drame à la française, traine un peu en longueur, et si globalement le corps est bien construit, la fin tarde un brin à venir à force de se perdre en conclusions. Rien de trop gênant non plus dans la mesure où on reste un peu dans le cliché du genre.
La photographie est très belle – même si l’image est très austère à mon gout : dé-saturée et « sale » – grâce à une lumière très bien maitrisée. En revanche, les risque esthétiques sont moindres et au niveau des valeurs de plans, on est beaucoup plus standard. Et c’est normal, on ne s’attendrait pas à un film d’essai sur ce thème. Disons plutôt que les champs contre-champs ne sont en rien exceptionnels mais certains travaux d’image autour de la foi lui rendent très bien sa dimension sacrée.
Les musiques sont une bouffée d’air, notamment ce petit interlude de piano romantique, dans une atmosphère oppressante et sont de très bon goûts. Seul petit bémol qui m’a arraché plusieurs fois à la contemplation : leurs fins sont très (trop) abruptes.

Mais la grande force de ce film réside dans les acteurs. Lou de Laâge qui joue Mathilde Beaulieu s’en sort avec brio et elle donne une force et une présence incroyable à sont personnage. Ces yeux bleus froid laissent transparaître un feu intérieur comme rarement je l’ai vu chez une actrice française. Une découverte pour ma part, à suivre de très près, je pense ! Et elle n’enlève pas non plus la vedette à Vincent Macaigne dans le rôle du médecin juif qui apporte sa dose d’humour caustique – presque anachronique ? – qui encore une fois vient alléger le tout.

En conclusion : est-ce que Les innocentes est mon genre de film ? Non. Est-ce que j’ai aimé ? je ne sais pas… Est-ce que c’est un bon film ? Dans sa catégorie, à défaut d’avoir beaucoup de points de comparaison, je dirai qu’il s’en sort avec une réalisation propre et assurée, soutenue par des acteurs fantastiques. Car si les deux français s’en sortent avec brio, le travail des acteurs Polonais n’est pas à démériter non plus !

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