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Mademoiselle, une symphonie en images

In / cine by XM studio host

Mademoiselle est un petit chef d’œuvre. Une symphonie cinématographique, mais où l’on démarre par l’Andante pour accélérer au fur et à mesure.

C’est étrange. Mes critiques se fondent toujours sur l’impression que j’ai au sortir de la salle, ce sentiment rémanent, cette perception subconsciente du film. C’est elle qui marque le souvenir que l’on se fait d’un film, des années après. Avec Mademoiselle, ce sentiment est resté diffus ; comme lointain. Pourtant, à aucun moment ou presque, je ne saurais critiquer ce film. Aussi j’en conclue que ces deux heures passées ont été trop pour une unique lecture, et qu’il faudra le revoir. Trop de beauté trop vite.

Bref, je me suis assez répandu en éloges, tachons de structurer cela. Commençons par ce que j’ai dans les oreilles, au moment où j’écris ces lignes : la bande originale du film. À une époque où trop de film sont montés avec une musique de référence qui sera pâlement copiée, Mademoiselle a le mérite de se distinguée par une musique bien à lui. Trop de beauté en trop peu de temps : je n’ai pas réussis à l’écouter précisément dans la salle. Mais il me semblait bien qu’elle était remarquable – un sentiment rémanent -, aussi pour écrire cette critique, j’ai cru bon de la ré-écouter attentivement. Et autant dire que si une phrase, un thème centrale manque un peu de se dégager de la masse avant la fin, l’orchestration n’est reste pas moins habile, pour ne pas dire de haut vol. Hélas, il n’y a pas un nom à qui attribuer le mérite (Jo Yeong-wook ?), pourtant à bien l’écouter, je n’ai pas entendu orchestration aussi remarquable depuis The Revenant.

La performance des acteurs est à mon œil d’européen irréprochable, à défaut de parle coréen ou Japonais couramment.

L’image quant à elle est sublime. Deux heures vingt, c’est long. Trop pour se souvenir de tous les plans et tous les cadrages – trop de beauté trop vite -, et pourtant de mémoire, chaque plan est travaillé avec délicatesse. Chaque – ou beaucoup tout du moins – cadre est un petit tableau, dont certains sont très remarquable. Passé l’exotisme pour nous occidentaux, il y a un vrai travail d’ombres et lumières, les profondeurs et à l’occasion les symétries. Pour être plus précis ici, il faudrait plusieurs lectures. Une suffit en revanche à affirmer que c’est un très beau travail.

L’histoire est au final très bonne, même si à deux reprises quelques lenteurs dans la narration m’ont fait décrocher – chose rare. Passé ce premier chapitre, plus lent mais aussi plus délicat, le rythme accélère et ne vous laisse plus de répit, au point ou les deux heures passent sans mal.

La seule interrogation que je laisse ouverte est quant aux scènes érotiques. On est loin de la vulgarité de Adèle, mais cela reste très explicite. Si d’aucun peuvent être choqué, on pourra demander dans quelle mesure cela sert l’histoire et l’esthétique. Je pencherais pour ma part vers quelque chose de plus subtil par moment ou plus court, mais cela reste à l’appréciation de chacun.

Après avoir tant écris je crois que conclure est presque superflue. Ce film est à l’évidence une œuvre (au sens du septième art) et mérite ces louanges sans conteste. D’autant que, sans être tout publique, l’histoire n’est pas trop exotique au point d’être réservé à une audience de niche. Si la curiosité vous en prend, vraiment, allez-y !

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Et si l’envie vous en prend, écoutez cette BO !
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